Il peut être difficile de s’imaginer à quoi ressemble cette crise. Certes, les faits et les statistiques sont importants, mais ils peuvent laisser froids et ne pas inciter les gens à agir. Prenons alors un exemple concret, dans lequel une communauté composée de cent individus serait touchée par cette crise mondiale. Vingt-cinq d’entre eux seraient obligés d’aller chercher de l’eau insalubre dans un ruisseau ou un étang, souvent très éloigné, ou de faire la queue pendant plusieurs heures et de débourser de fortes sommes auprès d’un marchand d’eau. Cette eau les ferait régulièrement tomber malades, si bien qu’ils ne pourraient pas se rendre au travail ou à l’école. Le danger de mort par des maladies pourtant évitables, telles que le choléra ou la typhoïde, serait permanent. Vingt-deux personnes n’auraient d’autre choix que d’aller aux toilettes dans la rue, les buissons ou les champs, ou d’utiliser des latrines peu hygiéniques et défectueuses. Les jeunes filles et les femmes en souffriraient le plus, car elles seraient plus vulnérables aux abus et aux agressions, et incapables de maintenir une bonne hygiène pendant leurs périodes de règles. Quarante-six personnes vivraient dans des zones propices aux maladies en raison de l’absence de traitement des eaux usées et matières fécales avant leur retour dans la nature. Les 54 autres individus disposeraient de toilettes saines reliées à des systèmes sûrs de traitement des déchets, mais n’auraient absolument pas conscience du caractère essentiel de leurs services d’assainissement pour protéger leur santé et assurer leur bien-être. Environ la moitié des zones humides situées autour de la communauté auraient disparues au cours des dernières décennies, augmentant ainsi le risque d’inondation. Vingt-deux personnes recevraient des soins ou travailleraient dans un établissement de santé dépourvu de services élémentaires d’approvisionnement en eau, ce qui les exposerait à un risque accru de maladies infectieuses. Nombre d’entre elles seraient traitées pour des maladies qui auraient pu être évitées si la communauté disposait d’une eau salubre et d’installations sanitaires sûres. L’agriculture et les industries voisines absorberaient plus de 80 % de l’eau disponible. Sous l’effet des sécheresses provoquées par le changement climatique, les ressources en eau et l’approvisionnement alimentaire diminueraient graduellement. Les inondations menaceraient de détruire les points d’eau et installations d’assainissement, et contamineraient les sources. La communauté n’aurait probablement pas conclu d’accord de coopération avec les communautés alentours pour partager l’eau et la préserver. Les plus pauvres et les plus vulnérables de la communauté, qui seraient les plus gravement touchés par la crise, auraient le plus grand mal à obtenir le soutien des autorités afin d’améliorer leurs services d’assainissement et d’approvisionnement en eau.

 

Source: ONU – CONFÉRENCE SUR L’EAU 2023

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